Le partenariat 2008


Depuis 2004, Clairefontaine-Rhodia et les papeteries Sill Force 8 ont versé plus de 1,5 million d’euros à l’Unicef pour réhabiliter des écoles, former des maîtres et fournir du matériel scolaire.
Ces actions ont été menées au Bangladesh, le sont aujourd’hui au Maroc, et le seront prochainement aux Philippines.

À l’heure actuelle, dans le monde, plus de 110 millions d’enfants ne vont pas à l’école alors que l’accès à l’éducation est un droit fondamental pour chacun, une condition essentielle à son épanouissement, et un préalable au développement économique du pays.

Face à ce constat, soutenir la réussite scolaire des enfants est une évidence pour Clairefontaine, qui s’est engagé depuis janvier 2004 auprès de l’Unicef pour améliorer la scolarisation des enfants défavorisés, mettre en œuvre des projets concrets en matière d’éducation, et sensibiliser le public aux droits de l’enfant.

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Clairefontaine soutient le programme de coopération Maroc-Unicef

En 2006, Clairefontaine a pris le parti de focaliser son engagement sur un programme de partenariat avec l’Unicef Maroc, pour lequel le groupe a versé au total 680 000 euros. Ce programme, mené en collaboration étroite avec le gouvernement marocain, a pour but de lutter contre l’abandon scolaire, en particulier celui des filles, en s'appuyant sur les acteurs locaux (enseignants, parents, mais aussi inspecteurs d’académie et responsables locaux).

Pourquoi le Maroc ?

Le Maroc (30 millions d’habitants dont 45 % en milieu rural) connaît depuis plusieurs années une phase d’ouverture et de modernisation. Sur le plan politique, différentes réformes conduites sous l’impulsion du roi Mohamed VI (Code de la Famille, Code du Travail, Charte de l’Éducation et de la Formation…) ont permis au pays de faire des progrès importants en matière d’éducation.


Le taux de scolarisation des 6 à 11 ans est passé de 54 % en 1991 à 93 % en 2006 (90 % pour les filles). Néanmoins, pour les 12 -14 ans, ce taux retombe à 74 % (67 % pour les filles). Et selon les statistiques actuelles, seul un enfant marocain sur dix aura la chance de poursuivre sa scolarité jusqu’au baccalauréat.
Si ces chiffres sont encourageants, ils montrent également le chemin qu’il reste à parcourir.

En milieu rural, la situation est la plus préoccupante.

L’école a un coût, que les familles pauvres ne peuvent assumer.

Par ailleurs, les parents ne mesurent pas toujours la valeur de l’éducation et leur vision à court terme les pousse à retirer leurs enfants du système scolaire pour qu’ils apportent un revenu supplémentaire. Actuellement, près de 600 000 enfants marocains de 6 à 15 ans sont ainsi obligés de travailler. Parmi ceux-là, plus de la moitié ne sont jamais allés à l’école.

Autre facteur en cause, la violence. Bien qu’interdits, les châtiments corporels restent une pratique largement répandue, ce qui amène bon nombre d’enfants à fuir l’école. Si les chiffres actuels concernant le taux de scolarisation en première année de primaire sont encourageants – plus de 90 % des enfants vont à l’école –, ils ont été obtenus au détriment de la qualité de l’enseignement.

L’ensemble de ces éléments explique qu’en zone rurale, plus qu’ailleurs, le taux d’abandon scolaire demeure aujourd’hui très élevé, autour de 5 % par an dans le cycle primaire.

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Lutter contre l’abandon scolaire, tout un programme

Le programme de coopération Maroc-Unicef soutenu par Clairefontaine poursuit son effort en faveur de l’éducation en soumettant au gouvernement marocain les moyens d’augmenter encore le taux de scolarisation des enfants de 6 à 15 ans. D’abord lancé dans 3 régions (Tanger-Tétouan, Marrakech-Tensif-Haouz et Souss-Massa-Drâa), il s’est élargi aux zones de la province d’Al Hoceïma en 2004 et à celles des régions de Fès Boulemane et de l’Oriental en 2007.

Il repose sur un principe simple mais ambitieux : l’échange participatif qui permet à tous, enseignants, inspecteurs d’académie et responsables locaux mais aussi enfants, parents, de se rencontrer pour dialoguer et construire une école de qualité.

En parallèle, ce programme en faveur de l’éducation maintient son effort dans la lutte contre les causes de l’abandon scolaire, avec une attention particulière portée sur les filles.

Il innove considérablement dans ce domaine, en mettant l’accent non seulement sur l’amélioration des équipements et la diversification des outils pédagogiques et des enseignements (grande initiative laissée à l’enseignant dans le choix d’une méthode pédagogique, organisation de sorties sur le terrain et de visites chez les artisans ou éleveurs de la région à destination des enfants, etc.) mais aussi sur la compréhension par tous des problématiques locales et de l’environnement immédiat des enfants (construction de latrines séparées pour les filles et les garçons, bâti de murs autour de l’école pour donner à l’enceinte de l’établissement un statut particulier et rassurer les parents, etc.).

Il vise également à faire comprendre l’importance de l’école dans le développement psychique et physique de l’enfant, et à étendre les expériences réussies à d'autres cycles et types d'enseignement. Il s’agit plus particulièrement d’accroître l’intérêt porté à la petite enfance afin de développer le préscolaire moderne, très peu présent jusqu’alors en milieu rural.

Notons enfin que ce programme mis en œuvre avec le soutien de la société Clairefontaine a la volonté d’impliquer et de responsabiliser les populations bénéficiaires. Comme le rappelle Touria Barakat, Chargée de la Communication pour les Programmes à l’Unicef Maroc, « cette politique s’inscrit dans le cadre de la stratégie de l’Unicef qui prône un élargissement du partenariat au secteur privé appelé à appuyer la mise en œuvre des politiques gouvernementales. »

Des résultats qui comptent


Ce programme a déjà permis d’obtenir d’excellents résultats.

Concrètement :

  • 20 000 élèves répartis dans 1 000 écoles ont bénéficié d’un développement participatif pour l’amélioration de la qualité de l’école.
  • Plus de 1 000 professeurs du primaire on été formés à l’élaboration d’un soutien personnalisé des apprentissages pour leurs élèves.
  • 45,5 % des écoles ayant introduit le processus « Grille École de Qualité » ont amélioré leur taux d’abandon scolaire ; 64,6 % ont amélioré la qualité de l’école définie par la grille de qualité ; et 61,6 % ont amélioré la participation des enfants, des parents, et de la communauté.
  • Plus de 900 éducateurs et éducatrices du préscolaire ont été formés sur les méthodes pédagogiques modernes adaptées à la petite enfance.
  • Dans les provinces concernées par le programme, cette prise de conscience a donné lieu à un engagement des conseils communaux pour relever le défi d’une éducation de qualité.


Sur le terrain

Aït Ouallal, l’école de tous les progrès

Située au pied du Djebel Saghro, relief montagneux de l’Anti-Atlas, la commune d’Aït Oullal (province de Zagora) est une région rurale au climat aride. L’agriculture et l’élevage, qui sont les principales activités, sont insuffisants pour pallier la pauvreté de la population (29 % selon l’Initiative Nationale pour le Développement Humain).


Comme partout ailleurs en milieu rural, les femmes et les filles de la commune participent aux activités hors de la maison (corvées d’eau, de bois, etc.). Mais à cause de ces occupations quotidiennes, le taux de scolarisation des filles y était très faible (moins de 1 %). Aujourd’hui, sur une population d’environ 10 800 personnes dont un tiers a moins de 18 ans, 94 % des filles sont scolarisées grâce au programme de coopération Maroc-Unicef ! Ce taux dépasse de loin celui de la moyenne nationale qui est de 87 % en milieu rural.


Le principal succès du programme est d’avoir su développer, pour le cycle d’éducation primaire, une approche qualitative conjuguant le communautaire et le pédagogique. Grâce à des outils accessibles, chaque établissement scolaire de la commune participant à cette démarche a pu dresser un diagnostic participatif et un « plan qualité ». Ce plan, qui est guidé par les éléments d’une « grille qualité » inspirée par les droits de l’enfant, a permis de travailler sur tous les facteurs d’abandon identifiés (pauvreté, échec scolaire, santé, relation maître/élève…).


Autre résultat probant de ce programme : la création, au sein des écoles, de cellules de protection amenant à la responsabilisation des enfants. Chaque cellule est composée d’élèves, chargés de veiller sur la scolarité de leurs camarades. Lorsqu’un enfant est absent, la cellule va à la rencontre des parents pour dialoguer, comprendre la situation et essayer de trouver des solutions.


Comme le souligne Rhyzlène Nusse, responsable de la Communication et de la Création chez Clairefontaine, « il s’agissait de mettre en place un vrai plan d’action et d’assurer la pérennité du programme. À présent, en observant ce qui se passe sur place, on peut vraiment parler d’une dynamique en marche ».


En effet, dans chaque région cible où l’Unicef a proposé cette grille de qualité, grâce au travail participatif, l’école a trouvé son statut et a su devenir un espace de qualité au cœur de son environnement.

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Focus :
Témoignage

Lors d’une visite de terrain accomplie avec le bureau de l’Unicef au Maroc, Clairefontaine a rencontré Naïma, 12 ans, présidente de la cellule de protection de l’école d’Ajmou, un bourg de la commune de Aït Oullal. Timide et réservée, elle a pris la parole avec détermination pour nous présenter sa mission.

« En tant que présidente de la cellule de protection, j’écoute les autres enfants et j’interviens selon la situation. J’en discute avec les membres de la cellule et ensuite avec les professeurs. Tous les problèmes dont nous parlent les enfants sont confidentiels. La cellule de protection dans notre école nous permet de lutter contre l’abandon scolaire, de régler les problèmes relationnels et de garantir un bon climat d’apprentissage. »

Ce qui se passe dans les provinces rurales du Maroc, grâce au programme de coopération Maroc-Unicef et à l’engagement de Clairefontaine, a déjà donné des premiers résultats probants. Il s’agit là d’une coopération dont les effets profonds et durables continueront à être mesurés au cours des décennies à venir.


Dans ces régions et villages pauvres ne bénéficiant pas encore du progrès et de l’essor économique du pays, faire comprendre aux parents, enseignants et responsables locaux, l’importance de l’école revêt un enjeu considérable, à la fois immédiat et sur le long terme. Cela doit permettre de faire de l’école un lieu de qualité mais aussi de vie, où l’on peut discuter des problèmes et tenter de les régler par la concertation.

Aujourd’hui, le véritable défi n’est plus la scolarisation mais faire en sorte que les enfants la poursuivent jusqu’au terme. Davantage qu’un défi, c’est un véritable engagement.

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L’Unicef, plus de 60 ans d’expérience

L’Unicef est née en 1946 à l’initiative de l’Assemblée Générale des Nations unies afin de porter secours aux enfants sans distinction de race, de religion, de nationalité ou d’opinion politique. Aujourd’hui, l’Unicef centralise son action autour de quatre grands domaines : la santé, la nutrition, l’eau et l’éducation. Grâce à son approche et à sa compréhension du terrain, les progrès accomplis en faveur des Droits de l’Enfant sont énormes. Mais il reste encore beaucoup à faire.

Voir le site de l’Unicef France


Télécharger le communiqué de presse "Clairefontaine s'engage avec l'Unicef"