Le partenariat 2006

En 2006, Clairefontaine poursuit son partenariat avec l'Unicef pour que tous les enfants du monde aient un accès à un enseignement de qualité et met en place une opération d'envergure pour la scolarisation des enfants défavorisés du Maroc.

Programme de coopération UNICEF Maroc

Education de qualité pour tous

Situation de l’éducation au Maroc

Les dernières années ont marqué un grand progrès puisque 92,85 % des enfants de 6 à 11 ans, 90,08% des filles du même âge et 84, 25% des filles de cet âge et du monde rural sont inscrits à l'école primaire.

Mais le pourcentage qui reste à gagner, 250 000 enfants environ dont environ 160 000 filles sera le plus difficile à atteindre. Ce sont évidemment les enfants des familles les plus pauvres, des sites les plus isolés.

Une des causes majeures de la progression ralentie de ces dernières années est un abandon précoce. En zones rurales le taux d'achèvement du cycle primaire n'est que de 38%...

Pour les filles, les causes sont multiples tant du côté de l'offre de l'état, écoles trop éloignées pour la sécurité des filles, faible qualité de l'enseignement et du suivi, coût trop élevé des fournitures scolaires, que de la demande des parents, alternative du travail familial et domestique, attentes vis à vis des rôles de femmes, etc.

L’apport du programme de coopération Gouvernement UNICEF

Avec l'appui des donateurs, dont le comité français, l'UNICEF s'est attaqué au problème de l'abandon scolaire depuis 2002 et est aujourd'hui reconnu par le Ministère pour avoir mis en place avec les partenaires un processus décentralisé et participatif d'amélioration de la qualité de l'école. Parmi les causes de l'abandon, c'est en effet sur cette qualité que le MEN et l'UNICEF ont le plus de prise.

Le processus consiste en un jeu d'activités qui concernent aussi bien la préparation à l'entrée à l'école primaire (éducation préscolaire), la gestion de l'école (plans école de qualité) que les contenus (programmes adaptés aux caractéristiques locales), les méthodes (évaluation des apprentissages et techniques de soutien appropriées) et les comportements (écoles non violentes). Les résultats en sont mesurés chaque année au niveau des écoles cibles par une évolution du taux d'abandon scolaire, en diminution sur ces sites alors qu'il ne cesse d'augmenter au niveau national.

On peut estimer à 20 000 sur les 5 années le nombre d’enfants qui auraient risqué l’abandon si ces actions préventives n’avaient pas été menées. L'année 2006 sera l'année 1) du suivi, de l'évaluation et de la diffusion des activités menées par les communautés dans les écoles engagées dans tout ou partie de ce processus (plus de 300 écoles sont aujourd'hui engagées dans le processus des plans école de qualité mais avec des résultats inégaux selon les sites) et 2) de l'approfondissement des activités en direction des populations les plus vulnérables. Ceci tracera la voie pour les années 2007 et 2008 qui seront consacrées à la lutte contre l'exclusion et à la valorisation du statut des filles.

Objectifs

L’objectif majeur du programme est d’amener les écoles ciblées à réduire d’un point minimum par année le taux d’abandon scolaire. Les objectifs spécifiques qui concourent à ce résultat global se trouvent énoncés pour chacune des activités.

Stratégie

La stratégie qui a fait le succès du programme tout au cours de ce cycle sera conservée : par un dialogue permanent entre le terrain et le niveau central, initier des solutions novatrices, les mettre en oeuvre, les évaluer et en garder les meilleures pratiques pour une diffusion que l’on accompagne ensuite au niveau national.

Couverture géographique, bénéficiaires

Le programme est réalisé dans quatre des 16 régions du Maroc et bénéficie potentiellement à plus d’un million d’enfants scolarisables dans ces régions. Pour les sites qui seront plus spécifiquement ciblés sur base de la carte de la pauvreté pour ces régions, environ 100 000 enfants de 4 à 15 ans seront directement touchés par ces activités.

Activités

Appui à la généralisation de l’utilisation de la grille école de qualité

D’ici fin 2007, 2000 écoles accueillant environ 70 000 enfants pourraient être engagées dans ce processus. Il consiste à poser de manière participative un diagnostic de la qualité de l’éducation dispensée par un établissement scolaire puis à élaborer un plan d’amélioration sur la base des atouts et faiblesses relevées. Enfants, parents et enseignants sont consultés (séparément pour permettre l’expression de tous), sur une série de critères qui touchent aussi bien les infrastructures que le suivi individuel de l’élève ou les méthodes pédagogiques. Ils confrontent ensuite leurs points de vue et dressent un portrait global des atouts et faiblesses de l’établissement. Sur cette base, ils construisent un plan d’amélioration où chacun a sa part à réaliser. Le programme accompagne le ministère de l’éducation nationale dans la formation des cadres en charge de diffuser ce processus dans les écoles.

Appui à la réalisation des plans d’action des écoles

D’ici fin 2007, 50 écoles et ou structures préscolaires des régions ciblées pourraient bénéficier d’une bourse pour la réalisation de leur plan, inclus dans des plans de développement communaux établis en conformité avec la convention des droits de l’enfant.

Une partie des activités du plan d’action de l’école ne requiert que la bonne volonté de chacun des acteurs de l’institution scolaire, mais une autre partie demande un appui externe. Des bourses qualité pourraient sur base de la qualité et degré de participation aux plans d’action attribués aux écoles les plus en difficulté. La scolarisation et en particulier celle des filles de milieu rural est parfois entravée par un manque de manuels scolaires, l’absence de latrines, les problèmes de transport, l’absence de structures préscolaires, tous défis qui vont parfois au-delà des possibilités des communautés les plus pauvres.

Appui au développement du secteur préscolaire

D’ici fin 2007, 600 éducateurs accueillant environ 18 000 enfants de 4 à 6 ans dans des structures préscolaires de type communautaire seront formés à l’utilisation d’un kit pédagogique leur permettant d’assurer aux enfants une préparation qui facilitera leur entrée à l’école primaire.

Les tests d’évaluation des acquis des élèves du primaire montrent une très forte corrélation ente bons résultats et fréquentation d’un préscolaire de bonne qualité. Le préscolaire est au Maroc une formule complètement privée qui a tendance à renforcer les inégalités de départ. Pour compenser cela le ministère met en place l’encadrement et la formation des éducateurs et le programme l’accompagne en mettant l’accent sur les zones les plus défavorisées.

Appui à la diffusion des techniques pédagogiques de l’évaluation formative

D’ici fin 2007, 20 % des enseignants du primaire des régions ciblées seront en mesure de mettre en œuvre ces méthodes.

Les actions de la communauté ne sauraient suffire à elles seule à relever le niveau très faible des acquis scolaires. La formation initiale des enseignants est insuffisante pour leur permettre de remédier aux difficultés d’apprentissage de leurs élèves. A cet effet, le ministère a développé dans le cadre du programme de coopération des modules de formation à des techniques d’évaluation/remédiation qui ont montré leur efficacité en termes d’acquisition de connaissances ainsi que dans l’amélioration de la relation pédagogique. Aujourd’hui il est opportun de diffuser ces techniques dans les écoles cibles en tirant parti des semaines de soutien pédagogique.

Appui à la régionalisation des curriculums

D’ici fin 2007, 100 écoles devraient être engagées dans la régionalisation des contenus scolaires. Ce volet de la réforme touche à la pertinence de l’éducation. Il permet aux enfants d’acquérir les compétences nécessaires à la connaissance et au développement de leur environnement proche.  

Accroître les opportunités d’éducation des filles

D’ici fin 2007, 500 écoles de zones rurales des régions cibles auront réduit significativement leur taux d’abandon scolaire des filles. Les filles du monde rural sont celles qui sont le plus menacées de retour à l’analphabétisme du fait d’arrêt précoce de leur scolarité. Les enquêtes en cours sur ce sujet montrent une grande similitude entre les causes de ces abandons précoces et celles qui, dix années auparavant empêchaient même l’inscription, un faisceau de facteurs où la faible motivation des parents se renforce de l’accueil insuffisant du système sur un fond général de tradition qui veut que les filles n’ont guère besoin d’en savoir beaucoup plus pour gérer la maison. Face à cette situation, c’est un travail approfondi de sensibilisation, discussion et incitation qu’il faut maintenant mener à petite échelle pour en tirer des leçons pour une stratégie au niveau national.

D’ici fin 2007, 3000 petites filles de milieu rural pourraient être soutenues dans leur scolarité au collège. Les abandons sont encore plus nombreux au collège qu’à l’école primaire. Confrontées aux difficultés matérielles et affectives de la vie hors de la famille, les filles accueillies dans les trop rares internats n’y trouvent pas les conditions nécessaires pour y continuer efficacement leur scolarité. Une formule de foyers de jeunes filles à base communautaire s’est développée pour pallier ces inconvénients et le renforcement de l’encadrement permettrait d’assurer la poursuite de cette scolarité. Une expérience de soutien personnel et pédagogique visant le développement de compétences psychosociales pourrait être menée pour servir de base ensuite à une action plus grande envergure.

Une seconde chance l’éducation non formelle

D’ici fin 2007, 1000 enfants non scolarisés de 9 à 15 ans auront trouvé dans les régions ciblées des opportunités alternatives d’éducation. Pour les enfants les plus difficiles à scolariser, les plus pauvres, les plus éloignés de l’école, les enfants qui apportent leur aide à la famille en assumant une partie des tâches liées à la survie quotidienne, le ministère a développé avec les ONG une formule alternative. L’accès à cette formule est cependant limité par les grandes difficultés que rencontrent ces enfants. Le programme accordera une aide particulière aux enfants qui pourraient bénéficier de cette formule.

Equipement et production de supports pédagogiques et de communication

Au service de toutes ces activités, le programme soutient la production d’outils spécifiques et apporte un complément en équipement. Celui-ci est inclus dans le budget des activités.

Activités, de suivi, d’évaluation et de communication au niveau national

Chacune des activités fait l’objet de suivi et d’évaluation qui permettent d’en tirer des leçons pour extension des meilleures pratiques au niveau national. Le mandat de l’UNICEF est celui d’avocat des droits de l’enfant. A ce titre au-delà des activités menées au niveau régional, l’UNICEF est engagé dans des activités de plaidoyer au niveau national et médiatique en faveur de l’éducation des enfants de la conception à leur âge adulte.